Utilisation d’antibiotiques en élevage laitier : quelles pratiques adoptées ?

Depuis le 1er janvier 2020, les échantillons de lait de vache prélevés dans les exploitations sont systématiquement analysés pour détecter des traces éventuelles d’antibiotiques pour le paiement du lait. L’objectif assumé est d’assurer aux consommateurs l’absence de résidus d’antibiotiques dans leur alimentation. A l’échelle d’un élevage, le coût total d’une pénalité aux antibiotiques est 500€/1000L de lait. Il est donc indispensable de respecter les bonnes pratiques dans l’identification des animaux traités afin de minimiser ce risque.

Différents conseils pour limiter les inhibiteurs dans le lait

Une vache peut avoir besoin d’antibiotique pour le traitement d’une mammite, au tarissement ou pour d’autres maladies. Comment éviter tout risque de contamination et limiter la présence d’inhibiteurs dans le lait ?
Voici quelques conseils pour anticiper les risques de contamination du lait :
  • Identifier systématiquement et marquer visuellement toutes les vaches traitées, y compris les vaches taries
  • Enregistrer tous les traitements (en lactation et au tarissement) dans le cahier sanitaire et conserver les ordonnances
  • Connaître les exigences des médicaments utilisés et se conformer à la prescription du vétérinaire
  • Bien transmettre les consignes en cas de changement de trayeur
  • Écarter le lait de tous les quartiers pendant tout le délai d’attente
  • Respecter la période « colostrale », à savoir pas de livraison avant le 7ème jour suivant le vêlage
  • Etre vigilant sur les vaches taries aussi : s’assurer du délai d’attente à appliquer en cas de durée de tarissement courte ou de vêlage avant terme
  • Prendre également en compte les traitements autres qu’intra-mammaires. (oblets, injections, sprays, pommades, etc.)
  • Utiliser des bidons de dérivation transparents d’un volume suffisant.
  • Bien rincer la griffe après la traite d’une vache traitée pour ne pas laisser de lait résiduel

Que faire en cas de suspicion de contamination du tank ?

Que faire en cas de suspicion de contamination du tank ?
Si vous avez un doute sur la présence d’antibiotiques dans le lait, analysez-le avant de le livrer. Il existe aujourd’hui des tests et détecteurs d’antibiotiques qui vous permettent de réaliser vous-même vos dépistages.

Ces tests vous aideront à garantir l’absence de résidus d’antibiotiques dans le lait livré à votre laiterie. Chaque vache peut être testée individuellement, le risque de contamination à l’échelle du tank est donc évité ainsi la destruction totale du lait.

Les coûts des analyses sont négligeables par rapport aux pénalités qui peuvent être reçues dûs à la mauvaise qualité du lait.

Les détecteurs d’antibiotiques sont une assurance à faible coût pour livrer un lait de qualité. Bien évidemment, le prélèvement du lait et l’analyse doivent être rigoureux.

Veillez bien aux points suivants :
  • Le lait a t-il été rendu homogène avant prélèvement ?
  • Tous les contenants ont-ils été échantillonnés (si plusieurs tanks ou bidons) ?
  • Les premiers jets ont-ils été écartés (si lait individuel) ?
  • Le matériel de prélèvement a-t-il été bien lavé, rincé et séché ?
  • Le protocole du test et les consignes de son fabricant ont-elles été respectés ?

Notez que seule la méthode officielle pratiquée en laboratoire reconnu fait foi pour le paiement du lait.
Si après les tests, il y a vraiment des résidus d'antibiotiques dans votre lait, vous devez en informer votre collecteur ou votre acheteur avant la livraison. L’acheteur vous indemnisera le lait détruit à hauteur de % de la valeur du lait non livré. (Indemnisation applicable une seule fois par an et par exploitation)

Source : CNIEL